BA : Bonne action
Bonne Action : fait de faire une chose qui fera plaisir à son prochain sans pour autant coûter une fortune et qui rapporte la joie d’avoir bien agi. Par opposition au mariage qui lui, fait bien plaisir au prochain mais coûte un bras, pour mettre une bague à un doigt qui tentera désespérément de se libérer de l’emprise de l’anneau tout au long des 10 prochaines années.
Alors doit-on considérer que le mariage est l’anti thèse d’une BA ? Je serais tentée de vous répondre mais malheureusement, ce n’est pas le sujet de cet article… Même si, tout bien considéré, j’ai un paquet d’exemples dans mon entourage qui me font sérieusement songer qu’à part une énorme BA, qui leur assurera sans hésitation du tout puissant, une place au paradis… Ben je ne vois pas pourquoi ils ont choisi ce conjoint là précisément.
Non, le sujet n’est pas le mariage mais bien les BA. Alors allons-y gaiment : planté de décors.
Tout à commencé par la BA de mon prochain. Ou plus exactement de ma prochaine puisque je sortais le l’institut de beauté où une main délicate m’a massé, palpé, tapoté, peint en vert, recouverte de linges qui sentent bon, joliment décoré le minois, percé les points noirs… Oui, quand une BA dure plus d’une heure et demie il y a de fortes chances pour qu’elle vous fasse partager un peu de votre intimité avec votre bienfaiteur.
Je sortais donc de chez mon esthéticienne, relaxée, guillerette et rassérénée après une dure journée de labeur, quand je la vis en passant à coté d’elle sur le trottoir.
Une grosse voiture familiale sept places, peinture bleue défraîchie et vitre avant grande ouverte malgré le ciel menaçant. J’ai tout d’abord pensé qu’elle devait contenir une forme de vie humaine. Non. Une forme de vie canine alors ? Non. Par contre, sur le siège arrière trônait une forme de vie numérique. Un ordinateur portable dans une mallette qui pouvait potentiellement contenir des miyards d’euros et que n’importe qui aurait eu envie de saisir d’un mouvement simple et efficace.
Ohhhh, vilaine pensée ! Je me blâme aussitôt de l’avoir eue et me flagelle cinq fois en guise de châtiment.
J’aime le fouet, oui et alors ?
L’ange et le démon entament à présent une partie de poker dans ma cervelle. Les deux ont du jeu et de sérieux arguments. Mais c’est à l’ange de jouer sa première carte.
« Appelle la police, signale leur la situation et ils vont venir, sirènes hurlantes, te féliciter en te lançant des confettis, créer une rue à ton nom, y mettre une statue à ton effigie avec un mot de remerciements à tes parents pour t’avoir donné une si bonne éducation, te remettre une médaille d’honneur et celer le véhicule avec du ruban jaune « Do not cross » jusqu’à ce que l’heureux propriétaire revienne et découvre la scène les larmes aux yeux. »
Alors, appel à un ami képi, réponse : « Ah non ma bonne dame, on ne peut rien faire pour vous. Vous comprenez, un véhicule est une propriété privée. On ne peut pas y entrer ou le propriétaire peut porter plainte… A moins qu’on l’enlève à la fourrière… Là, ce serait jouable. »
Bon, inutile de vous cacher qu’à ce moment précis, le diable s’est bien foutu de ma gueule. Mais c’était à lui de jouer et il n’allait pas tarder à moins faire le malin.
« Regarde à droite puis à gauche pour vérifier que personne n’arrive. Passe le bras par la fenêtre, attrape la sacoche et sauve-toi en vitesse au volant de ton bolide ! »
« Oh la tache hé ! L’autre !! Dit l’ange au diable en lui secouant un Roi sous le nez ! Je te signale que le bolide en question est une moto !
- Oui et alors ??
- Ben déjà qu’elle n’est pas foutue de rouler avec une baguette de pain sous le bras alors un ordinateur portable ! Laisse-moi rire ! Allez, tu viens de perdre ton tour ! A moi : A partir de maintenant, tu restes à coté de la voiture jusqu’à ce que son propriétaire revienne et mette son butin en sécurité.
- Oui, sauf que là, j’ai une paire de 8, alors finalement, je décide que vue qu’il commence à pleuvoir comme vache qui pisse, elle remonte sur sa chiotte et elle rentre bien gentiment chez elle. Le proprio, il n’avait qu’à faire gaffe à ses affaires.
Je remonte donc, obéissante sur ma moto. J’enfile mon casque et mes gants et je démarre. A contrecœur, je m’éloigne de la voiture au flanc ouvert, la laissant seule dans la jungle urbaine, à la merci des pirates et rôdeurs de tous poils.
- Attends, attends petite ! Retourne tout de suite auprès de la voiture ! J’ai encore deux cartes à jouer, je ne m’avoue pas vaincu, je suis sure que ce démon ment comme il renifle. Il bluffe trop mal pour être honnête.
Après un tour de quartier, je reviens donc vers mon point de départ, toujours tiraillée entre l’ange et le diable. Entre mon envie de m’installer bien confortablement dans mon canapé ou devoir me geler les miquettes à faire le pied de grue à coté d’une voiture que j’aurais tout aussi bien pu ne pas voir et dont je ne me serai même pas préoccupée si j’avais longé le trottoir d’en face.
- Dernière carte à abattre : il y a un document sur le tableau de bord, attrape-le et cherche une indication sur le nom du propriétaire.
Je m’exécute et il y a en effet un nom sur l’ordonnance que je viens de déplier. C’est alors qu’en repliant le papier, je vois deux pieds, juste en face des miens. Je sursaute et lève la tête pour tomber nez à nez avec un homme d’un âge certain, qui mesure vingt centimètres de plus que moi.
Je bafouille nerveusement, « vous connaissez Monsieur Machin ? » rouge et gênée comme une enfant prise la main dans le sac de bonbons.
Il me répond que oui, puisque c’est lui même… Ouf, je ne vais pas devoir passer la nuit ici dis-je avec soulagement.
Le démon éclate de rire à me voir me débattre dans les filets de la culpabilité.
Je me confonds en excuses expliquant au vieil homme incrédule l’heure que je viens de passer à l’attendre et l’idée que j’avais eue de tenter de trouver ses coordonnées grâce au papier sur le tableau de bord.
Je ne suis pas certaine qu’il m’ait crue. Il m’a même demandé quel genre de personne attendrait sous la pluie, une heure durant une personne dont on n’est pas sure qu’elle reviendra.
Et bien… Moi ? Mais lui expliquer que je suis un Poisson et que l’eau est la dernière des choses qui m’effraie aurait pris bien trop de temps. Je me suis contentée de lui sourire, de lui souhaiter bon retour et de m’excuser une nouvelle fois de lui avoir fait peur.
Et je suis repartie, frétillant de la nageoire au guidon de mon petit bolide. Talonnée de l’ange, ravi de cette partie pleine de rebondissements, qu’il a fini par gagner et par le démon, déçu d’avoir perdu ce match, et bien décidé à gagner le suivant :
« Accélère… Allez, fonce ! Plus vite !!! »



ladevie arcadie.ladevie@gmail.com FR
30 juin 2011 at 21 h 24 min
Seriez pas la nièce d’un certain " Dan BROWN" ?
Sauf que là on se marre moins: pas de mystère ésotérique, pas de meurtres, pas de scandale au Vatican. Finalement vous êtes une vraie humaine, tiraillée entre le bien et le mal,alors restez comme ça, c’est ainsi qu’on vous aime sans doute , famille, ami(e)s, lecteurs!
Encore cette fois votre verve m’a séduit et provoqué en moi l’envie de voter 5/5, vous devriez postuler à l’émission " incroyables talents" sur TV machin…
Classe!La nouvelle présentation de votre blog . L’annonce d’une version papier c’est un gag ou un scoop? Si vous concrétisez ce projet en Août pouvez vous annoncer un tarif,le format, nombre de pages,qualité de papier, éditeur , éventuel réseau de distribution, moyens de paiements?
Je suis un potentiel client.
Merci de nous donner si souvent l’occasion de rire et sourire en vous lisant , Finalement vous êtes une bienfaitrice de l’humanité, pas le genre démon, à moins que papa et maman poisson ne connaissent un autre visage?????????