Et finalement face au tollé général, aux menaces répétées, aux critiques aiguisées de la gente masculine, et à une profonde envie pour moi de rééquilibrer la parité hommes femmes, je me décide enfin à l’écrire cet article tant attendu :
Après la version testostéronée du dragage à tout âge… La voici la voilà, la version œstrogènée…
Et puis c’est surtout que si je ne fais pas cet article rapidement, je ne suis pas prête d’avoir mes Timbit’s.
Pour les non-initiés, les Timbit’s n’ont rien de sexuel. C’est un aliment que l’on peut trouver par terre, dans le fond des voitures des parents avec des mouflets indisciplinés, mais il est plus recommandé, si vous voulez y goûter, les avoir acheté dans un Tim Hortons que de les ramasser ailleurs. Comment les décrire ? Et bien, ce sont de petites boules de beignet d’environ trois centimètres de diamètre, un peu molles, un peu fermes, enrobées de trucs blancs, plus ou moins douteux et comestibles qui peuvent se gober ou se croquer.
Ouais, c’est ça,… En fait les Timbit’s, on dirait des couilles, donc oubliez la première phrase, les Timbit’s, c’est sexuel, et du fait, ça porte bien son nom. Si ce n’est qu’il eût fallu qu’on l’écrivît Timbites. Cela dit, en québécois, c’est tu permis de faire des fautes de français ? Mof.
« Et comme d’habitude Poisson, tu t’égares et tu te perds digression » me direz-vous. Alors je vous répondrai « Et la culture bordel, c’est tu pas important ça la culture ? Tarbarnouche… »
Mais comme j’aime satisfaire mes lecteurs et que je ne veux surtout pas vous froisser, je me lance. Un, deux, trois… Go!
La zéronaire :
Pour cette étape de la vie, il n’y a pas vraiment plus de technique de drague, chez la femme que chez l’homme. La petite princesse découvre les armes avec lesquelles elle obtiendra un jour tout ce qu’elle voudra. Du battement de cils, aux longues boucles de cheveux blonds, elles s’entrainent à loisir sur les papas hypnotisés. Et en tout cas, même si elle ne drague pas, tous ses neurones vont se préparer à un paquet charmes et à des tas larmes.
La cinquenaire :
A cet âge, rien ne change vraiment pour la petite demoiselle, si ce n’est qu’après papa, c’est maintenant les petits minets de grande section de maternelle qu’elle va faire tomber dans ses filets. Elle donnera un bisou à son amoureux, ne manquant pas de lui faire remarquer que son sac est bien lourd et qu’elle aurait besoin d’aide pour le porter. Elle racontera tous ses secrets à sa maman qui sera émue par tant de précocité. Elle est le maitre du monde.
La dixenaire :
La zone de pêche : La cours de récré. La petite a grandi et son champ d’action aussi, si ce n’est qu’à cet âge, entre les garçons et les filles, c’est plutôt l’apartheid. La cour du fond pour les garçons, la cour du bas pour les nanas. Et au milieu, la trêve, pour celles qui osent aller demander à l’un des soldats du clan d’en face s’il veut bien être son amoureux.
Elle racontera ses aventures à son doudou et à sa meilleure amie.
La quinzenaire :
Le jour est arrivé où ils ont fait leur apparition et cela va révolutionner la vie de la femme : les seins ! Malheureusement pour la donzelle, les deux collines ont invité des copains cratères : les boutons d’acné. Le but principal de toutes les jeunes filles interrogées est de ne pas être la dernière pucelle de la classe. Et avec un appareil dentaire, des groseilles en lieu et place de la poitrine et une rappe à fromage sur le visage… Ce n’est pas gagné. La princesse se transforme en grenouille. Mais elle s’accroche, elle rame, prend des cours de jardinage en mangeant des râteaux à la pelle… Et puis un jour, un autre être esseulé et vulnérable acceptera de se laisser convaincre, parce que lui aussi en aura marre de passer pour un con auprès des copains.
Elle racontera alors son grand jour à ses dix-huit meilleures amies.
La vingtenaire :
Le choc des cultures ! Pendant que ces messieurs tirent à vue sur tout ce qui bouge, ces dames tentent d’attraper au lasso l’homme de leurs rêves pour l’empêcher de s’enfuir. Certaines préfèreront la pêche et choisiront le harpon. Mais le résultat est le même : la femme est programmée pour fonder un foyer, et à cet âge, tout son être s’attèle à cette tâche. Ou du moins le tente.
Elle rêve de restaurants, il commande des pizzas. Elle veut qu’ils vivent ensemble, il veut garder son coloc, parce qu’avec lui, il peut boire des bières et roter sans s’excuser. Elle veut un enfant, il veut une PlayStation. À défaut de concevoir tout de suite, elle veut au moins s’entrainer, il… Ah ben ça il est d’accord !
Elle racontera ses mésaventures à sa mère qui la soutiendra en lui promettant que le meilleur reste à venir.
La vingtecinquenaire :
La vingtvinquenaire est désabusée par cinq ans de tentatives infructueuses de ramener la brebis égarée dans son troupeau. Elle décide de lâcher la ferme pour aller à la chasse. Plus motivée et affamée que jamais après la disette des temps passés, elle quitte la crinoline pour porter la minijupe.
Elle sort tous les soirs et plante ses crocs dans la chair tendre de ses victimes. Si elle ne peut le ramener à la maison, autant le consommer sur place.
Maman avait raison… Le meilleur est à venir !
La trentenaire :
Fatiguée de courir les environs et lassée de la bonne chair, la trentenaire célibataire parcourra la toile pour dégoter la perle rare ou tentera une percée dans l’entourage de ses amis à la recherche de l’homme parfait.
Elle va se recentrer sur son objectif premier : trouver le mâle Alpha, celui qui lui fera de beaux rejetons et qui saura veiller sur le foyer pendant qu’elle sort prendre un verre avec les copines. Si en plus il peut nourrir les chats et baisser la lunette des toilettes, ce sera le bonheur.
La quarantenaire :
De retour dans les eaux tumultueuses du célibat, la quarantenaire refait le monde, à commencer par le sien. Elle change de style, de silhouette, d’appart, de mec… Elle ne garde que les mouflets et Ricky le poisson rouge parce qu’il fait sympa dans le salon. Et la voilà plus résolue que jamais à prendre du bon temps. Elle multiplie les expériences et les rencontres. Que Monsieur ne laisse pas son numéro, elle ne rappellera pas. Passer la nuit ici ? Ah non, elle ne préfère pas, elle a une réunion très tôt demain… Il peut fermer la porte en sortant ?
Elle racontera à ses copines autour d’un bon café, sa chevauchée fantastique de la nuit passée. À moins que sa dernière conquête ne passe directement dans la catégorie « bêtisier » de ses parties de jambes en l’air.
La cinquantenaire :
La cinquantenaire se recadre, après sa deuxième crise d’adolescence, elle a maintenant muri. Elle cherche autre chose, quelque chose de nouveau. Lassée des choses communes, elle va élargir son champ d’action… De la MILF, elle passe en mode Cougar… Pas la voiture, la croqueuse de petits minets. Elle a l’expérience qui fera d’elle le plus grand fantasme des fils de ses amies, et de leurs copains.
Elle ondule dans les bancs de post ados en trans. Elle allume des feux de camps dans les caleçons de ces jeunes gens et se joue du qu’en dira-t-on. Elle a toujours rêvé d’enseigner… Le rôle de la prof sexy lui colle à la peau.
La soixantenaire
L’heure de la retraite a sonné. Là où c’est chiant pour la soixantenaire célibataire, c’est que du même coup, elle perd un vivier considérable… C’est con, elle aurait bien testé le mec de la compta avant de partir… Mais comme dit l’adage : Don’t fuck with the payroll. Alors qu’à cela ne tienne, elle se mettra en recherche non plus de l’homme d’un soir, de l’homme d’un an ou de l’homme de dix. Elle va maintenant tenter de trouver l’homme qui partagera ses gouts, ses rêves et ses envies. Celui qui lui fera découvrir le monde et ses environs avec le regard d’un enfant, la tendresse d’un amoureux, la fougue d’un amant et la complicité d’un ami.
Et quand elle l’aura débusqué, ils ne se quitterons plus.
La plussenaire :
La plussenaire a plus d’image dans la tête et de souvenirs dans des boites que toutes les archives de l’INA réunies. Et si elle n’a plus trop de libido, le message de monsieur son amant de la maison de retraite est clair : Allez mon p’tit, venez visiter la chambre 32, vous ne regretterez pas ! C’est vrai quoi, c’est la dernière ligne droite avant le tunnel alors on écrase l’accélérateur et on fonce !
Alors pour conclure cet article de façon tout à fait objective, je n’aurai qu’une chose à déclarer : Si le cheval est la meilleure conquête de l’homme, l’homme est sans conteste la meilleure conquête de la femme.





































